Droits voisins : Microsoft s'engage avec la presse européenne

Il y a 6 jours 12

Le groupe américain se distingue de Facebook ou Google qui se montrent réticents à rémunérer les médias pour l'utilisation de leurs contenus.

Par agence Reuters et

Publié il y a 8 heures, Mis à jour à l’instant

Microsoft assure vouloir trouver avec les éditeurs de presse européens « une solution qui (leur) assure d'être payés pour l'utilisation de leurs contenus par les plateformes 'gatekeeper' qui dominent le marché».

Microsoft assure vouloir trouver avec les éditeurs de presse européens « une solution qui (leur) assure d'être payés pour l'utilisation de leurs contenus par les plateformes 'gatekeeper' qui dominent le marché». Microsoft

Une ligne de fracture de plus entre les géants mondiaux de la tech. Lundi 22 février, l'un d'entre eux, Microsoft, a annoncé avoir signé une alliance avec quatre associations européennes de médias (European Magazine Media Association, European Newspaper Publishers Association, European Publishers Council et News Media Europe) qui représentent plus d'un millier d'éditeurs. Une alliance inédite qui s'inscrit dans le cadre des discussions houleuses sur la mise en œuvre des droits voisins, approuvés par le Parlement européen en 2019 et adaptés depuis l'an dernier en droit français.

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Les signataires disent notamment vouloir trouver ensemble « une solution qui assure aux éditeurs européens de presse d'être payés pour l'utilisation de leurs contenus par les plateformes 'gatekeeper' qui dominent le marché » et « doit inclure un mécanisme d'arbitrage » pour s'assurer d'accords équitables.

Une main tendue

Par ce geste, Microsoft marque son désaccord avec ses concurrents Facebook ou Google, qui cherchent, eux, depuis plus d'un an, à échapper à cette extension du droit d'auteur créée par l'UE afin de rémunérer les éditeurs pour l'utilisation de leurs contenus par ces grandes plateformes.
Un front a déjà été ouvert en France, où Google vient de signer des accords au titre des droits voisins avec une partie de la presse, notamment les grands quotidiens nationaux. Mais le géant du web, qui tire sa fortune de son moteur de recherche - premier visé par les droits voisins -, s'oppose dans le même temps au projet de loi australien visant à l'obliger à rémunérer les médias contre l'exploitation de leurs contenus. De son côté, Facebook sort d'un bras de fer avec le gouvernement australien durant lequel le réseau social est allé jusqu'à bloquer temporairement tous les contenus d'information pour faire pression.

L'alliance entre Microsoft et la presse européenne marque une étape dans les négociations sur les droits voisins qui s'annoncent dans les prochains mois ; elles vont se poursuivre en Australie, mais aussi dans tous les pays où les plateformes américaines opèrent. Cette main tendue aux éditeurs européens pionniers donne en particulier au groupe informatique l'occasion de reconnaître le déséquilibre de fait entre les parties prenantes aux discussions.

«Même si les éditeurs de presse disposent d'un droit voisin, ils pourraient ne pas avoir assez de poids économique pour négocier des accords justes et équilibrés avec ces entreprises de technologie qui dominent le marché et le contrôlent. Celles-ci pourraient menacer de se retirer des négociations ou de quitter complètement les marchés», indiquent ainsi Microsoft et les éditeurs européens dans un communiqué commun.

Microsoft s'autorise ce pas de côté alors que ses deux rivaux Facebook et Google ainsi qu'Amazon cadenassent au bas mot les deux tiers du marché publicitaire en ligne mondial, qui représente désormais plus de la moitié des investissements des annonceurs. Le géant informatique, éditeur de systèmes d'exploitation et logiciels leaders, est, lui, propriétaire du moteur de recherche Bing, mais qui est très minoritaire par rapport à Google.

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