Économie Tourisme

Avec son « plan montagne », le gouvernement tente à nouveau de s’attaquer au problème des appartements inoccupés, qui sapent le modèle économique des stations.

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La station de ski de Chamrousse, près de Grenoble, le 7 janvier 2021. La station de ski de Chamrousse, près de Grenoble, le 7 janvier 2021.

Dans leurs cauchemars, les maires de stations de sports d’hiver voient des volets clos. Ces stores baissés onze mois sur douze, qui quadrillent les barres héritées du « plan neige » des années 1960, symbolisent un mal persistant du tourisme de montagne : les « volets clos » ou « lits froids ». Ce sont ces lits inexploités au centre des stations, des appartements dont les fenêtres s’ouvrent moins de quatre semaines par an. Résidences de tourisme, meublés ou résidences secondaires. La non-occupation de ces logements induit, selon les estimations de certains élus de montagne, une perte virtuelle de chiffre d’affaires proche de 50 % pour les stations les plus touchées.

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Le phénomène est significatif, mais mal quantifié, alors qu’il constitue, selon les experts, le nœud du problème de rentabilité des sports d’hiver en France. Pour une raison simple : chaque année, de 1 % à 3 % des lits touristiques en montagne sortent du marché. Les propriétaires ne souhaitent ou ne peuvent plus commercialiser ces logements décatis et étroits, où s’entassaient les skieurs de la France du champion olympique Jean-Claude Killy. Certes les mieux situés, mais si mal isolés thermiquement qu’ils deviennent fatalement des lits froids.

Les « volets clos » constituent entre le tiers et la moitié de l’hébergement touristique en station, selon une estimation de 2010. Comme le disait poliment à l’époque la mission mandatée par le gouvernement, « d’aucuns pourraient être interpellés par la modestie de ces taux d’occupation, eu égard à la rareté et à la cherté du foncier que l’accumulation des hébergements et équipements touristiques a engendrées et aux investissements publics de tous ordres qu’ils ont occasionnés ».

« Des pis-aller »

Compenser cette érosion régulière de l’hébergement touristique en montagne « nécessiterait la création de 3 000 à 5 000 lits chaque année, pour un coût estimé à 100 millions d’euros environ, diagnostiquait la Cour des comptes en 2018. Mais le lancement de nouveaux programmes pour compenser cette diminution se heurte aux contraintes de disponibilité du foncier. » L’option de construire des hôtels ou de nouvelles résidences de tourisme reste, dans les faits, plus efficace que les tentatives de remettre ces « lits froids » sur le marché. Elle constitue pourtant une absurdité écologique, comme en conviennent certains acteurs de l’or blanc. Et économique, car aucune station n’est jamais remplie à 100 % durant une saison.

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